Inspiré d'un fait-divers, SAN BABILA est un de ces films qui fait froid dans le dos, Carlo Lizzani adopte un style souvent proche du reportage et choisit des acteurs inconnus pour interpréter les jeunes fascistes. Le film est donc un curieux mélange de série B et de film politique qui suit la progression de la violence des jeunes néofascistes, débutant par le vandalisme des scooters et des vélomoteurs d'étudiants de gauche et se terminant par un meurtre, en passant par la tentative de poser une bombe dans un local d'un syndicat de gauche. Les néofascistes sont décrits comme des jeunes en manque de repères et d'amour familial, désœuvrés, misogynes (voir notamment l'entraînement au tir sur des silhouettes féminines avec des cibles en place des seins, de la bouche et du sexe !), voire pour certains impuissants. Il montre aussi une police volontairement aveugle, voire complice, qui ne veut pas se mouiller et une population qui assiste, abasourdie, à ces débordements sans réagir. Le caractère « documentaire » du film n'empêche pas une réalisation remarquable, le morceau de bravoure en terme cinématographique étant la longue séquence où les deux jeunes gens de gauche sont traqués puis agressés. Un film à découvrir !
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